Portrait de Rockeuse au Leica M Monochrom

La musiciens et les photographes, une histoire étroite depuis que les pochettes d’album existent. Quelques unes célèbres auxquelles je pense, celle de l’album “The Joshua Tree” de U2 et du premier album “The Clash”. Des images fusionnées avec la musique pour mieux sublimer les légendes. 

Avec un caractère qui dépasse l’apparence, les musiciens ont le sens de la mise en scène. Je trouve que c’est assez facile de travailler avec eux. Sans que ce soit le coeur de ma photographie, j’aime en rencontrer pour voir ce qui ressort d’une collaboration. 

Voici donc le portrait de la rockeuse Australienne Suzie Stapleton réalisé au cours de sa tournée Française en 2016. Une artiste avec un timbre de voix particulier pour une série de clichés avec un Leica M Monochrom.

Le portrait est avant tout la rencontre d’un photographe avec un personnage et son univers. Pour Suzie, les images devaient être en rapport avec sa musique. Le noir et blanc avec des contrastes élevés s’est naturellement imposé.  

J’ai aussi puisé dans mes influences musicales pour créer une atmosphère des seventies, celle des années Punk et des lieux tels que Camden Town, épicentre de la production musicale Londonienne. 

Les images RAW sorties du boitier M Monochrom et un peu de travail avec Lightroom m’ont apporté l’aspect filmique que je cherchais avec la gratification instantanée du numérique.

SUZIE STAPLETON is a Sydney-born alternative rock artist who honed her craft in Melbourne before relocating to London in 2015. She has built a loyal fanbase, captivating audiences with electric live performances using her midnight vocal to weave shards of poetry into guitar-driven noir soundscapes laced with intricate melodies…

Suzie Stapleton has released a string of singles over the past year gaining airplay on BBC Radio 6 Music and becoming a Fresh Fave on Tom Robinson’s Fresh On The Net. Stapleton has opened for artists such as Mark Lanegan, Mick Harvey, and Boss Hog and appeared at festivals including Liverpool Sound City, Camden Rocks Festival, Colours of Ostrava and Binic Folk Blues Festival.

www.suziestapleton.com
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Nouvelle série photo Istanbul Lights

Dans la rue de l’aurore au crépuscule, plus de 100 kms à pied dans la semaine, des côtes interminables et un soleil de plomb à son zénith, Istanbul est une ville qui se mérite !

De nombreuses lectures en amont pour capter l’esprit de la citée, repérer les quartiers, les itinéraires et l’exposition solaire. Des notions préparatoires essentielles à tout projet de street photography.

Le déclic de voir ma photographie en trois dimensions. La composition de mes images s’en trouve radicalement changée. Une approche que je recherchais en photo de rue depuis près de 4 ans. 

La lumière, ou plutôt les lumières, je n’ai jamais autant joué avec le champ des possibles. Le boîtier Leica M-D équipé d’un objectif 35mm Summilux a été l’outil idéal pour capturer toutes ces ambiances stanbouliotes. 

Après un exercice d’éditing, avec des photos qui posent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses, voici ma dernière série de street photography en couleur Istanbul Lights.

Permalink: http://www.fredericsaez.com/istanbul-lights


Road-trip au Maroc avec un Leica M9

Retour sur un voyage au Maroc avec quelques photographies ressorties de mes archives 2016. Alors que je privilégie la couleur depuis quelques années, c’est pourtant en noir et blanc que ces images sont présentées. Un rendu qui me plait bien pour cette série malgré la couleur omniprésente dans ce pays.

La publication de ces photos inédites, partagées après quelques années, me permet de réapprécier ce road trip mené à travers les contreforts du Rif depuis Fès jusque Rabat en passant par Chefchaouen. 

Des clichés réalisés avec mon premier appareil Leica numérique, un M9-P.  Un boitier iconique de la marque, acheté alors en occasion. Le M9 reste toujours très recherché pour sa robustesse et le rendu particulier de son capteur CCD Kodak. C’est aussi le premier plein format de la marque allemande, remplacé depuis au catalogue par le M240 et plus récemment par le M10.

Finalement les boîtiers passent et se dépassent mais les photographies restent.


Pourquoi et comment j’ai auto-publié mon premier zine ?

Je me suis récemment lancé dans l’auto-publication d’un zine, une des formes les plus populaires d’édition indépendante, afin de concrétiser un travail de plusieurs années et diffuser qualitativement ma photographie. Un peu las de consulter les stats de fréquentation de mon site web ou les likes de mes photos sur Instagram, mon idée était de sortir du monde digital dans lequel nous sommes pour la plupart tous (trop) plongés.  A travers un projet d’ouvrage physique, ma photographie prenait corps, devenait durable et me permettait aussi de rencontrer mes lecteurs.

C’est à la lecture de nombreux ouvrages photographiques mais aussi lorsque pour la première fois certaines de mes photos étaient imprimées dans le catalogue d’un festival photographique Présences(s) Photographies que l’envie de publier est arrivée. 

L’expérience d’auto-publication du livre So Small par Thomas Chauvin et de Philippe Blayo avec ses magazines Coney Island et Sunny Side ont aussi parachevé mon envie. 

J’ai cependant du attendre de constituer un corpus photographique suffisamment important, en plusieurs années et nombreux voyages sur la thématique à traiter, pour me lancer.

De la conception à l’édition…

Mon premier travail a consisté à déterminer l’angle (le thème) du zine et ensuite sélectionner des photographies pour le traiter. L’ouvrage devant se lire facilement et raconter une histoire cohérente. On parle alors d’éditing et de storytelling.

Pour “Kréol Paradise”, j’ai ainsi retenu un panel de photographies accumulées sur plusieurs années dans les Caraïbes. J’ai ensuite identifié les photos qui se répondent entre-elles. Un travail qui m’a pris de longues semaines puisque j’avais choisi un thème sur deux lieux géographiquement éloignés, Cuba et la Guadeloupe, avec la volonté de faire un éditing à 50/50.

A ce stade, ma plus grande difficulté a été de respecter le cadre que je m’étais imposé avec un nombre de pages volontairement fixé à 40, ce qui représente environ une trentaine de photographies. C’est bien pour un zine qui doit rester concis. Mon corpus photographique sur le sujet étant bien plus large !

[Ci-dessus] une de mes maquettes papier, un classeur et des feuilles collées, elle a largement évoluée pour arriver au zine final mais quelques idées sont restées.

Avant d’aboutir au modèle final, j’ai réalisé de nombreuses maquettes, sur un logiciel de PAO et aussi en physique car rien de tel que de feuilleter les pages pour se rendre compte du rendu final. 

J’ajoute que mon obsession a aussi été de traiter efficacement mon sujet dans ce premier zine tout étant volontairement limité par le nombre de pages. L’idée est de publier d’autres numéros par la suite, une démarche d’édition qui se veut dynamique vis à vis du public. 

L’impression, une phase déterminante

Vient ensuite le choix de l’imprimeur pour la fabrication du zine. J’avais déjà édité un livre  à quelques dizaines d’exemplaire sur Blurb mais je ne voulais pas renouveler l’expérience. D’abord parce que les modèles disponibles ne correspondaient pas au format que je désirais et ensuite parce que voulais un objet vraiment unique.

En travaillant avec Ooblik, un imprimeur Français, les deux critères étaient réunis pour obtenir un livret vraiment très qualitatif. De plus nos interactions m’ont permis d’améliorer la dynamique du livret, avec différents gabarits de pages, déterminant ainsi des rythmes de lecture qui sont tout aussi importants que la sélection des photos. A ce stade les conseils d’Ooblik ont été prépondérants pour éditer l’ouvrage dont je rêvais.

[Ci-dessus] les épreuves papier avant le lancement en production.

Les épreuves papier sont ensuite arrivées pour valider l’impression du zine. Un moment très important car il conditionne la production et pas de retour arrière possible ! Mon choix s’est porté sur un papier Olin Rough 120g plutôt mat sélectionné après l’avoir longuement régardé, touché et même senti. Le papier étant essentiel à mes yeux pour apporter une expérience de lecture visuelle et tactile optimale. 

Un modèle économique sans risques

Sur le plan économique, le modèle d’un zine est moins engageant que celui d’un livre pour lequel le tirage  minimum requis par un imprimeur s’élève à plusieurs centaines d’exemplaires. Dans mon cas, pas besoin de lancer un financement participatif pour lever des fonds ou avancer plusieurs milliers d’euros nécessaires pour lancer les rotatives. Mon auto-publication, avec une première édition limitée à quelques dizaines d’exemplaires, a seulement coûté quelques centaines d’euros qui s’amortissent assez rapidement. 

Par ailleurs le risque d’invendus n’est pas élevé puisque la série est limitée. Dans la pratique, on en a généralement pas assez ! Il est toujours possible de lancer une seconde édition, beaucoup d’auteurs le font en apportant quelques modifications.

[Ci-dessus] Un aperçu de la version finale présentée par mon fils.

Une expérience de création enrichissante

J’aime les livres ! L’émotion et la puissance d’une belle mise en page incluant des photos avec un texte est pour ma part inégalable. Le processus qui m’a amené de la conception à l’impression finale a été une expérience de création très enrichissante et un beau projet personnel.

Ce livret a été publié en quelques mois sur un thème qui m’est cher.  La fabrication d’un zine étant avant-tout une question d’énergie et de liberté. En conclusion, je dirais que tout le monde peut être auteur, directeur artistique et éditeur d’un zine, et c’est ce qui les rend si géniaux.



Chowk : ou comment passer une journée à Old Delhi

Photos courtesy Alan Rubin & Tim Steadman

Je viens juste de recevoir CHOWK le livre de mon ami Alan Rubin et de son co-auteur Tim Steadman. Mon second ouvrage indien. La réception du colis a été plus rapide que prévu, je suis content de partager aussi rapidement quelques impressions de lecture.

CHOWK propose près d’une centaine de photographies dans Old Delhi, un travail de sept années à deux photographes après éditing.

Pas encore ouvert, on est déjà dans les ruelles de l’Old Delhi. L’intrigante couverture mixe de nombreuses ambiances dans un fondu enchaîné de photos qui laisse déjà présager de la densité intérieure. On y retrouve aussi les codes couleur de l’Inde urbaine avec des dominantes vertes, jaunes et ocres.

Après l’introduction d’usage, on se réveille au petit matin à la faveur d’une nuit passée à la belle étoile. De beaux clichés aux tendance bleutées avec de jolis contre jours à la faveur du soleil qui apparaît déjà. Le temps de ranger son matelas dans un coin de la rue, la journée va être chaude, l’expérience indienne comme si vous y étiez. 

Les photographies s’enchainent ensuite sans rupture dans un rythme effréné qui me rappelle la foule omniprésente, en mouvement perpétuel, des villes indiennes. La plupart des clichés de rue sont très riches en personnages. Il y en a partout, cela peut paraitre trop mais c’est bien le reflet de l’expérience urbaine indienne. 

Au détour d’une page, on aura tout juste le temps de prendre un café au lait, debout ou en marchant, pour découvrir de beaux portraits et des vis-à-vis illustrant des particularités ou des singularités graphiques du Old Delhi. Un des intérêts de ce livre.

Avant de refermer CHOWK, les deux auteurs nous proposent de quitter l’ouvrage sur une ambiance crépusculaire typiquement indienne. On termine alors en poésie en attendant que le soleil descende encore sur Old Delhi pour faire durer le plaisir.

J’aurais aimé:

- Quelques ruptures (quand même) pour isoler certaines doubles pages

J’aime:

- L’énergie qui se dégage du livre

- La densité des photos

- le format de l’ouvrage 

Vous pouvez commander Chowk sur le site de Tim Steadman.


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