Street Photo Review de Nick Turpin

Nick Turpin est un street photographer reconnu et talentueux, c’est un des fondateurs du collectif InPublic désormais dissous. Il vient de lancer sa chaîne YouTube. Nick y explique ses pratiques à travers des vidéos POV dans lesquelles il partage ses cadrages véritablement à travers le viseur de son appareil, il propose aussi des revues de photos Instagram avec le hashtag #streetphotoreview. Une de mes photos a justement été sélectionnée par Nick pour la première. Une analyse et un retour très intéressant.

Si vous aimez la Street Photography, je vous conseille de vous abonner à sa chaine.


5 raisons de pratiquer la street photography à Paris

Paris est surement la plus célèbre des villes ou photographier dans la rue. Son patrimoine et son activité débordante en font un lieu incontournable pour les amateurs de street photography. Le mouvement des photographes humanistes, initié par Henri Cartier-Bresson et d’autres tels que Robert Doisneau, Sabine Weiss ou Willy Ronnis - pour ne citer que ceux-là - a certainement renforcé l’attractivité de la capitale Française aux yeux des photographes du monde entier.

Bien que la législation du droit à l’image soit assez stricte en France, dans la mesure ou vous ne faites pas un usage commercial de vos clichés, je crois savoir que la jurisprudence tolère la diffusion des clichés de rue. Je photographie avec mon Leica dans Paris depuis plusieurs années en privilégiant l’invisibilité au moment du shooting et la communication en cas de réclamation. 

Ceci étant écrit, voici quelques raisons qui pourrait motiver un photographe de venir à Paris.

1 - Les monuments de la capitale

En vagabondant dans la capitale, vous pouvez prendre appui sur les monuments et nombreuses statues pour agrémenter vos images. Il y en a une sur presque chaque place. Vous pouvez vous exercer à des juxtapositions et des jeux d’ombres aussi en fonction des heures de la journée. Ce sont des clichés plutôt réussis en général. Si une statue est trop petite à votre gout, vous pouvez aller sur le parvis du Trocadéro pour intégrer la tour Eiffel dans vos cadres.

Supporter dans le jardin du Louvre © Frédéric Saez 2016 - Leica Q

2 - Le multi-culturalisme des quartiers 

Il y a beaucoup de quartiers propices à fournir des cadres interessants pour la photo de rue avec pour chacun des styles et des ambiances particulières. Paris est une ville immense, bien des lieux méritent le détour. En l’explorant bien, vous découvrirez des aspects uniques de Paris cachés. Pour ma part, j’aime déambuler avec mon Leica dans le Marais, à Belleville, dans la rue des Rosiers, le long du canal de l’Ourq ou sous les arcades de la rue de Rivoli. Cependant, il y en a beaucoup d’autres endroits et chacun choisira bien entendu selon ses affinités.

Le quartier du Marais © Frédéric Saez 2019 - Leica M-D

3 - La fashion week

Paris est LA capitale de la mode. En général, il y a deux “fashion week” par an pour les collections printemps/été et automne/hiver. Le concept se décline en collections Hommes, Femmes puis Haute couture (schedule). Ces semaines sont de très bons créneaux pour la photo de rue dans Paris. Il faut alors tourner autour et en dehors des défilés - si vous n’êtes pas invités- pour rencontrer des gens plutôt lookés et parfois excentriques. De quoi faire de bonnes images. La série “Fashion Week” de Jérome Lorieau en étant la parfaite illustration.

Rue de Rivoli © Frédéric Saez 2016 - Leica M9-P

4 - Les joies du métro parisien

Bien qu’il soit théoriquement interdit de photographier dans le métro, de nombreux photographes y font de bons clichés. Certaines stations sont plus photogéniques que d’autres, par exemple Franklin Roosevelt, Abbesses, Nation (RER) qui offrent des cadres intéressants. On pourra aussi rechercher des ambiances différentes en fonction des horaires et du trafic. Et comme dans beaucoup de grandes villes, il se passe aussi souvent quelque chose à l’entrée et à la sortie des bouches de métro. Alors, vous avez votre ticket ?

Métro station Abbesses © Frédéric Saez 2019 - Leica M-D

5 - Les parcs et jardins 

La capitale regorge de parcs et jardins parfois méconnus. Dès les beaux jours, les pelouses sont souvent envahies par les Parisiens qui aiment s’y prélasser au soleil, courir ou bien y jouer. Les parcs que je visite le plus sont celui du jardin des plantes, quelques clichés possibles en version Jurassic Parc avec la proximité du museum d’histoires naturelles. Sinon on se dirigera vers le jardin des Tuileries ou le jardin du Luxembourg.

Jardin des plantes © Frédéric Saez 2018 - Leica M-D

Il existe d’innombrables autres raisons pour photographier dans cette ville magnifique comme les bars, les grands magasins, les rives de Seine mais celles-ci ne sont-elles pas déjà suffisantes pour vous convaincre de vous lancer dans la street photography à Paris ? 

En quête d’inspiration, vous pouvez visualiser mes séries de rue Paris Monochrome et Paris colors ou consulter ces ressources à propos de Street Photography à Paris :



Un lieu, une photo: Pointe-à-Pitre

Cathédrale de Pointe-à-Pitre © Frédéric Saez 2019

Il y a quelques points d’interêts dans le centre-ville de Pointe-à-Pitre, des maisons coloniales encore bien conservées, les marchés couverts, la place de la Victoire et la place Courbeyre ou j’ai composé cette photo.

Jouant avec les nuages, une belle lumière Caribéenne y éclairait l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Bien que jamais consacré, l’édifice est localement qualifié de « cathédrale ». Avec un fronton qui me rappelle les architectures espagnoles du 19ème siècle, l’église est à visiter pour sa re-construction avec une structure de charpente métallique.

En s’attardant sur le parvis, ce sera aussi l’occasion d’acheter un bouquet de fleurs sur un des kiosques de la place et d’échanger quelques mots avec les vendeuses créoles très sympathiques.



Pourquoi j’utilise de l’Ilford HP5+ poussée à 1600 ISO ?

Après plusieurs années de pratique en photographie numérique, j’ai ressenti le besoin de revenir aux fondamentaux en reconsidérant la photo argentique. Surement pour le plaisir de redécouvrir ce grain particulier qui fait le charme des tirages analogiques. 

Photographier avec de la pellicule m’apporte une exigence supplémentaire dans la prise de vue, le cadrage, le réglage de l’exposition et dans l’attente du bon moment pour déclencher. Une éloge de la lenteur induite par les 36 poses du film et le fonctionnement manuel de l’appareil. Un Leica M3 de 1954 équipé d’un Summicron 50mm que je transporte un peu partout dans la ville dans une forme d’anachronisme technologique.

Pour ces photographies dans la ville d’Orléans, Loiret, j’ai utilisé de la pellicule Ilford HP5+ poussée à 1600 ISO. La texture, le grain et les contrastes sont encore plus présents avec le traitement poussé de ce film, qui conserve néanmoins ses qualités intrinsèques de nuances de gris. Des caractéristiques qui me plaisent vraiment.

Lire l’analyse d’Analog You sur ce film ici ”Ilford HP5 + 400 iso : pourquoi tant de succès ?”.

Par contre un inconvénient de pousser le film est l’impossibilité de prendre des photos en pleine lumière compte tenu de la grande sensibilité à 1600 Iso. Le Leica M3 ne pouvant dépasser la vitesse de 1/1000s on se trouve alors en surexposition.

Un problème finalement résolu en visionnant la vidéo de Matt Day sur Youtube qui propose d’ajouter un filtre ND pour redescendre de quelques stops en cas de lumière intense. C’est aussi une bonne solution pour finir ses films à sensibilité constante.

Mes photos sont développées et scannées par Carmencita Film Lab qui complète mon processus puisque je ne pratique pas la chimie du développement argentique. J’indique alors  au labo sur chaque rouleau le traitement poussé à 1600 ISO de mes pellicules. Le rendu a toujours été au rendez-vous avec une bonne exposition et la qualité attendue.

Keep shooting


4 portraits de rue en Inde avec un Leica

La ville est un espace de jeu incroyable pour saisir des scènes de vie et des instants magiques. J’aime le mouvement, c’est le point central de ma photographie lorsque je suis dans la rue. Cependant, je me penche aussi sur un autre type de photo de rue: le portrait. 

Cette discipline constitue un véritable instant privilégié que vous accorde le sujet rencontré. Une façon aussi de se découvrir en tant que photographe face à des inconnu(e)s. Pratiquer le portrait c’est aussi mieux se connaître soi-même. Un échange entre deux êtres humains. Pour l’établir il suffit simplement de demander ! La plupart des personnes sont favorables dès lors que la requête est aimable et bienveillante. 

Mumbai 2015

Mumbai 2017

Mumbai 2017

Mumbai 2017

L’autorisation accordée, il s’agit alors de capturer rapidement le personnage avant qu’il ne perde son naturel. A ce stade, je pense déjà à la mise en situation autant que le sujet lui-même. En portrait de rue, l’intérêt étant de “capturer” la personne dans son écosystème. Si on a de la chance, l’âme du personnage ressort et le portrait est un succès.

Enfin, je considère la démarche complète lorsque la personne concernée peut voir son portrait. La raison pour laquelle je laisse systématiquement ma carte afin d’envoyer ou ramener le portrait si c’est possible.

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